Fiscalité des revenus étrangers rapatriés à l'île Maurice

S’expatrier à l’île Maurice fait rêver de nombreux Français : cadre de vie privilégié, climat tropical, dynamisme économique et fiscalité souvent présentée comme attractive. Pourtant, vivre à Maurice ne signifie pas automatiquement ne plus payer d’impôts en France, pas plus qu’obtenir un permis de résidence ne suffit à devenir résident fiscal mauricien.

La fiscalité d’une expatriation entre la France et l’île Maurice doit en réalité être étudiée dans son ensemble : résidence fiscale, origine des revenus, patrimoine immobilier conservé en France, placements financiers, sociétés, plus-values, succession ou encore éventuelle exit tax.

Certaines informations largement diffusées sur Internet sont par ailleurs devenues obsolètes. Depuis le 1er juillet 2025, par exemple, l’impôt sur le revenu des particuliers à Maurice n’est plus présenté comme une imposition uniforme à 15 %. Le barème comprend désormais trois niveaux : 0 %, 10 % et 20 %.

Fiscalité et expatriation à l'île Maurice pour les Français
Une expatriation à Maurice se prépare aussi sur le plan fiscal : résidence, revenus français, placements et patrimoine doivent être étudiés avant le départ.
À retenir

Fiscalement, une expatriation réussie ne consiste pas seulement à connaître les taux d’imposition mauriciens. Il faut également déterminer dans quel pays vous serez résident fiscal et identifier, revenu par revenu et actif par actif, quel État conserve le droit de vous imposer.

Comment fonctionne la fiscalité à l’île Maurice en 2026 ?

Avant d’identifier les principaux pièges, il faut comprendre quelques règles essentielles du système fiscal mauricien.

Quel est le taux d’impôt sur le revenu à Maurice ?

Réponse courte : depuis le 1er juillet 2025, le barème mauricien applicable aux particuliers comprend des taux de 0 %, 10 % et 20 %.
Revenu imposable annuel Taux applicable
Premières 500 000 MUR 0 %
500 000 MUR suivantes 10 %
Fraction restante 20 %

Le taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu atteint donc 20 %. C’est un changement important à connaître, car de nombreux guides consacrés à l’expatriation à Maurice font encore référence à une flat tax à 15 %.

Quels revenus sont imposables à Maurice ?

Le traitement fiscal dépend notamment du statut de résidence fiscale, de la provenance du revenu et, pour certains revenus étrangers, de leur transfert vers Maurice.

Pour un résident fiscal mauricien, certains revenus provenant de l’étranger peuvent entrer dans le champ de l’imposition lorsqu’ils sont remis ou rapatriés à Maurice, selon les règles applicables.

Piège fiscal n°1

Croire que passer 183 jours à Maurice suffit pour ne plus être résident fiscal français

Non. Passer 183 jours à Maurice peut permettre de remplir l’un des critères mauriciens de résidence fiscale, mais cela ne suffit pas, à lui seul, à démontrer que vous avez cessé d’être résident fiscal français.

Quels sont les critères de résidence fiscale à Maurice ?

Selon la Mauritius Revenue Authority, un particulier peut notamment être considéré comme résident à Maurice lorsqu’il :

  • répond aux conditions liées au domicile prévues par la législation mauricienne ;
  • séjourne à Maurice pendant 183 jours ou plus au cours de l’année fiscale ;
  • ou y séjourne pendant 270 jours ou plus au total au cours des deux années fiscales précédentes.

Une personne souhaitant faire certifier sa résidence fiscale mauricienne peut, lorsque les conditions sont remplies, demander un Tax Residence Certificate.

Peut-on encore être considéré comme résident fiscal français ?

Oui. Le départ physique de France ne suffit pas nécessairement à faire disparaître la résidence fiscale française.

L’administration française examine notamment la localisation du foyer, le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle et le centre des intérêts économiques.

Erreur fréquente : compter ses jours passés à Maurice et considérer que le dossier fiscal est réglé. La résidence fiscale ne se détermine pas uniquement avec un calendrier.

Que se passe-t-il si la France et Maurice vous considèrent comme résident ?

La convention fiscale franco-mauricienne permet notamment de traiter les situations de double résidence et d’organiser la répartition du droit d’imposer entre les deux États.

La règle à retenir

183 jours à Maurice ≠ disparition automatique de la résidence fiscale française.

Préparer sa résidence fiscale avant une expatriation à l'île Maurice
La résidence fiscale dépend de plusieurs critères et ne doit pas être réduite à la seule règle des 183 jours.

Piège fiscal n°2

Confondre permis de résidence et résidence fiscale

Un permis de résidence mauricien ne détermine pas, à lui seul, votre résidence fiscale. Immigration et fiscalité répondent à deux ensembles de règles différents.

Obtenir un Occupation Permit, un Residence Permit ou un autre titre permettant de vivre à Maurice ne signifie donc pas automatiquement que votre résidence fiscale a été transférée hors de France.

Cette distinction est particulièrement importante pour les personnes qui conservent :

  • leur conjoint ou leurs enfants en France ;
  • une activité professionnelle française ;
  • la direction ou la gestion d’une société en France ;
  • un patrimoine immobilier important ;
  • ou une part importante de leurs revenus et intérêts économiques en France.
Piège fiscal n°3

Penser que tous les revenus étrangers sont automatiquement exonérés à Maurice

La fiscalité mauricienne comprend une notion essentielle pour les expatriés : celle des revenus étrangers remis ou rapatriés à Maurice.

Quels revenus peuvent être concernés ?

  • salaires provenant de l’étranger ;
  • pensions ;
  • revenus professionnels ;
  • loyers ;
  • intérêts ;
  • revenus de placement ;
  • certains dividendes ou autres revenus internationaux.

Il faut donc être prudent avec les affirmations du type : « Mes revenus sont versés sur un compte français, ils ne seront jamais imposables à Maurice. »

Pourquoi les transferts bancaires doivent-ils être anticipés ?

La manière dont les revenus sont encaissés, conservés, utilisés puis transférés doit être étudiée en fonction de leur nature fiscale et des dispositions de la convention applicable.

Piège fiscal n°4

Penser qu’on ne paiera plus aucun impôt en France après son expatriation

Devenir non-résident fiscal français ne signifie pas nécessairement ne plus payer aucun impôt en France.

Quels revenus français peuvent rester imposables ?

  • revenus provenant d’un bien immobilier situé en France ;
  • certains revenus professionnels ;
  • certaines plus-values ;
  • certaines pensions ou retraites ;
  • certains revenus financiers ou distributions.
À retenir

Il faut distinguer le pays dans lequel vous êtes résident fiscal du pays disposant du droit d’imposer un revenu déterminé.

Piège fiscal n°5

Mal comprendre la convention fiscale entre la France et Maurice

La convention fiscale franco-mauricienne ne permet pas de choisir librement le pays dans lequel on souhaite payer ses impôts.

Elle sert notamment à répartir le droit d’imposer entre les deux États et à limiter les situations de double imposition.

Type de revenu ou patrimoine Question essentielle
Salaire Dans quel pays le travail est-il réellement exercé ?
Activité indépendante Où l’activité est-elle réellement exercée et structurée ?
Bien immobilier Dans quel pays le bien est-il situé ?
Retraite Quelle est la nature de la pension et quel organisme la verse ?
Dividendes Quelle société les distribue et quelles règles conventionnelles s’appliquent ?
Plus-value Quel actif est cédé et quelles règles concernent cette cession ?
Piège fiscal n°6

Découvrir l’exit tax après avoir quitté la France

L’exit tax est l’un des dispositifs à examiner avant le transfert de résidence fiscale lorsqu’on détient un patrimoine mobilier ou entrepreneurial important.

Elle ne concerne toutefois pas tous les expatriés.

Qui peut être concerné par l’exit tax ?

  • les contribuables ayant été résidents fiscaux français pendant au moins six des dix années précédant leur départ ;
  • certaines personnes détenant des titres ou participations répondant aux seuils prévus par le dispositif.

Important : l’exit tax n’est pas automatique pour tous les expatriés. Elle doit être étudiée lorsque le patrimoine financier ou entrepreneurial est significatif.

Piège fiscal n°7

Fermer son PEA ou modifier ses placements sans vérifier leur régime

Une expatriation conduit souvent à réexaminer ses placements français : PEA, comptes-titres, assurance-vie, épargne bancaire ou participations dans des sociétés.

Peut-on conserver son PEA lorsqu’on part vivre à Maurice ?

Oui, le départ de France n’entraîne pas automatiquement la clôture d’un PEA.

Fermer son PEA uniquement parce que l’on part vivre à Maurice peut donc constituer une décision inutile, voire défavorable.

Et l’assurance-vie ?

L’assurance-vie doit elle aussi être analysée contrat par contrat, notamment au regard de la résidence du souscripteur et du bénéficiaire, des rachats et de la transmission.

Piège fiscal n°8

Oublier la fiscalité des biens immobiliers conservés en France

Un bien immobilier situé en France peut continuer à générer des obligations fiscales françaises même lorsque son propriétaire est résident fiscal à Maurice.

Que deviennent les loyers perçus en France ?

Les revenus provenant d’un logement situé en France restent susceptibles d’être imposés en France dans les conditions applicables aux non-résidents.

Et en cas de revente ?

La cession ultérieure du bien peut également entraîner une fiscalité sur la plus-value.

Qu’en est-il de l’IFI ?

L’Impôt sur la Fortune Immobilière doit aussi être étudié lorsqu’un expatrié conserve un patrimoine immobilier important en France.

À lire également : comment investir dans l’immobilier en France quand on est expatrié à Maurice ?

Piège fiscal n°9

Croire que l’absence de droits de succession à Maurice règle toute la succession

Une succession présentant des liens avec la France peut rester soumise à certaines règles fiscales françaises.

Avant une transmission, il faut notamment se demander :

  • où réside fiscalement le défunt ;
  • où résident les héritiers ;
  • où sont situés les biens ;
  • s’il existe encore de l’immobilier en France ;
  • s’il existe une assurance-vie française ;
  • et quelles règles internationales s’appliquent.
Piège fiscal n°10

Attendre d’être installé à Maurice pour organiser ses déclarations

Une expatriation fiscale se prépare idéalement avant le départ de France.

Avant de quitter la France

Établissez un inventaire complet de votre situation :

  • salaires et revenus professionnels ;
  • pensions ;
  • revenus locatifs ;
  • comptes bancaires ;
  • PEA ;
  • comptes-titres ;
  • assurances-vie ;
  • SCI ;
  • sociétés et participations ;
  • patrimoine immobilier ;
  • plus-values latentes.

Après votre installation à Maurice

Vérifiez également vos obligations auprès de la Mauritius Revenue Authority, notamment concernant votre déclaration de revenus, votre statut fiscal et vos éventuels revenus étrangers.

Préparer sa fiscalité avant une expatriation à l'île Maurice
Placements, immobilier, revenus et déclarations doivent idéalement être vérifiés avant le transfert effectif de résidence.

Créer une entreprise à Maurice : attention aux informations fiscales anciennes

Créer une entreprise à Maurice peut présenter des avantages, mais une société ne doit jamais être structurée uniquement à partir d’un taux d’imposition affiché.

TVA : le seuil d’enregistrement a changé

Le Finance Act 2025 a abaissé de 6 millions à 3 millions MUR le seuil de chiffre d’affaires déclenchant l’enregistrement obligatoire à la TVA pour les activités concernées.

Quelles cotisations sociales sont applicables ?

La Contribution Sociale Généralisée (CSG) a remplacé le National Pensions Fund pour le régime concerné à partir de septembre 2020.

Comment éviter la double imposition entre la France et Maurice ?

Déclarer un revenu dans deux pays ne signifie pas nécessairement payer deux fois l’impôt sur ce même revenu.

Pour chaque revenu, posez-vous quatre questions :

  1. Dans quel pays ce revenu trouve-t-il sa source ?
  2. Dans quel pays suis-je résident fiscal ?
  3. Que prévoit la convention France-Maurice ?
  4. Existe-t-il un mécanisme évitant la double imposition ?

Checklist fiscale avant de s’expatrier à l’île Maurice

  • Déterminer votre future résidence fiscale
  • Vérifier la sortie de la résidence fiscale française
  • Examiner la convention fiscale France-Maurice
  • Identifier vos revenus de source française
  • Analyser vos revenus étrangers
  • Organiser vos flux bancaires
  • Vérifier votre PEA
  • Examiner vos assurances-vie
  • Anticiper la fiscalité immobilière française
  • Vérifier une éventuelle exit tax
  • Étudier la succession
  • Analyser vos sociétés et participations
  • Préparer les déclarations de départ
  • Vérifier vos obligations auprès de la MRA

FAQ : fiscalité et expatriation à l’île Maurice

Quel impôt paie un expatrié français à Maurice ?

Il n’existe pas un impôt spécifique réservé aux expatriés français. L’imposition dépend de la résidence fiscale, de la nature des revenus et de leur origine. Le barème comprend aujourd’hui des taux de 0 %, 10 % et 20 %.

Combien de jours faut-il vivre à Maurice pour être résident fiscal ?

La législation mauricienne prévoit notamment un critère de 183 jours sur une année fiscale ou 270 jours cumulés au cours des deux années précédentes.

Peut-on vivre à Maurice et rester résident fiscal français ?

Oui. Le nombre de jours passés à l’étranger n’est pas le seul élément étudié. Le foyer, l’activité professionnelle et les intérêts économiques peuvent également intervenir.

Dois-je encore payer des impôts en France si je vis à Maurice ?

Potentiellement oui. Certains revenus de source française peuvent rester imposables en France même après le transfert de résidence fiscale.

Peut-on garder son PEA lorsqu’on s’expatrie à Maurice ?

Oui. Le changement de résidence fiscale n’entraîne pas automatiquement la clôture du PEA.

Tous les expatriés sont-ils concernés par l’exit tax ?

Non. L’exit tax concerne certaines situations patrimoniales précises, notamment certains contribuables disposant de participations ou portefeuilles importants.

Les revenus locatifs français restent-ils imposables ?

Oui, un propriétaire devenu non-résident peut continuer à être imposé en France sur les loyers provenant d’un bien situé en France.

Y a-t-il des droits de succession lorsqu’on vit à Maurice ?

Une expatriation à Maurice ne suffit pas à faire disparaître toute fiscalité successorale française. La résidence des héritiers et la localisation des biens doivent notamment être étudiées.

Expatriation à Maurice : mieux vaut anticiper sa fiscalité avant le départ

L’île Maurice conserve de nombreux atouts pour les Français souhaitant y vivre, entreprendre, investir ou préparer leur retraite. Mais sa fiscalité ne peut pas être résumée à quelques taux avantageux.

Pour sécuriser son installation, il faut raisonner simultanément sur la fiscalité française, la fiscalité mauricienne et la convention fiscale entre les deux pays.

Sources officielles et ressources utiles

Information importante : cet article fournit des informations générales relatives à la fiscalité franco-mauricienne et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou patrimonial personnalisé. Les règles fiscales étant susceptibles d’évoluer, vérifiez les dispositions en vigueur avant toute décision.
Catégories : Vivre & Travailler

0 commentaire

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *